Homélie de confirmation en français

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Plus tôt ce printemps, j’ai visité une de nos écoles catholiques pour passer un peu de temps avec la classe des finissants. C’était pour échanger avec eux et pour répondre à toute question qu’ils pouvaient avoir au sujet de notre foi. Parfois ces questions peuvent être profondes et difficiles à répondre.  Durant cette rencontre, l’une des questions était : « Pourquoi avez-vous décidé de devenir catholique? »  Je suppose que c’est une très bonne question à poser à un archevêque.

Pendant que je me préparais pour cette célébration de confirmation et de première communion, je pensais à cette question, parce que ces deux sacrements font  précisément partie du fait de devenir catholique.  Ce sont des sacrements d’initiation  qui font entrer dans l’Église.

En commençant à répondre à la question qui m’avait été posée, j’ai dit aux jeunes que je n’avais pas vraiment décidé d’être catholique. Quand j’étais un petit bébé, juste après ma naissance, j’ai été emmitouflé dans une couverture et apporté à l’église pour être baptisé; ce sont mes parents qui ont décidé pour moi. Je suppose que c’est le cas de la plupart des enfants et des jeunes qui sont ici aujourd’hui pour être confirmés et recevoir la sainte Eucharistie pour la première fois.

Alors j’ai dit aux étudiants qu’il y avait peut-être  une meilleure question à se poser : « Pourquoi suis-je encore catholique? »  Après toutes ces années vécues, pourquoi ai-je décidé de rester chrétien, membre de l’Église catholique?  Cette question concerne aussi ce que nous sommes en train de faire ici aujourd’hui.  Nous pourrions nous demander : « Pourquoi les parents de ces enfants ont-ils décidé de vouloir que leurs enfants soient pleinement initiés comme membres de l’Église catholique à travers les sacrements de confirmation et de sainte communion?  »

Je ne peux pas répondre à la place de qui que ce soit dans cette église, mais je vais partager avec vous les raisons que j’ai données à la classe de finissants, quant à ma raison d’être encore un catholique après plusieurs dizaines d’années de vie. J’ai seulement une vie à vivre.  C’est tout ce que j’ai.  C’est ce qui est pour moi de plus précieux. Je ne veux pas d’une vie sans signification, sans but; je ne veux pas voir ma vie se terminer simplement dans la poussière de la mort. Je ne veux pas d’un futur qui serait l’éternel néant de la mort.

Est-ce que j’ai le choix?  Toutes nos vies finissent dans la mort. La mort a sur nous un pouvoir absolu.  Cependant, Jésus, le Fils de Dieu, a promis que tous ceux qui croient en lui vivront pour toujours.  Sa résurrection d’entre les morts a détruit le pouvoir absolu que la mort a sur nous, les humains. Par le pouvoir de sa propre résurrection, Jésus m’offre la vie éternelle. Jésus m’offre la vie en plénitude pour toujours.

Ma mère s’est assurée que je sois baptisé très peu de temps après ma naissance.  Elle voulait être certaine que si quelque chose m’arrivait, je vivrais pour toujours avec Dieu. Elle savait que j’avais besoin d’être baptisé pour vivre au ciel avec Dieu pour toujours. Elle ne pouvait peut-être pas exprimer cette croyance en termes théologiques, mais elle et mon père savaient qu’à travers les sacrements de l’Église,  Jésus, ressuscité d’entre les morts, continue d’accomplir son œuvre de salut dans nos vies.  Par le sacrement du baptême, Jésus nous donne une vie nouvelle.  Par le baptême je suis né à la vie du Christ ressuscité.

J’ai utilisé l’expression « au cas où il m’arriverait quelque chose ». En fait, il serait plus exact de dire « au cas où je serais tombé malade et que je serais mort alors que j’étais encore un petit bébé ».

Ma mère, mes parents m’ont donné le cadeau le plus précieux qu’ils pouvaient.  Ils m’ont donné la vie.  Mais ils savaient que la vie qu’ils m’avaient donnée quand ma mère m’a mise au monde, aussi précieuse et extraordinaire qu’elle peut être,  ne pouvait pas aller au-delà de la mort.  Dans leur foi solide, ils savaient que Jésus donne une vie que la mort ne peut pas faire cesser.

Être membre de l’Église nous ouvre à cette vie. Le baptême nous ouvre à cette vie. La confirmation nous ouvre à cette vie, cette vie éternelle, cette vie en plénitude.

À la confirmation, nous disons que nous recevons la plénitude du Saint Esprit de Dieu.  Alors quel est le lien entre l’Esprit Saint et cette vie dont nous parlons? Pour nous, la notion  d’Esprit Saint est difficile à saisir. Une chose qui peut nous aider est de savoir que sans la Bible, le mot pour Esprit est le même mot que souffle, respiration.  Est-ce que ça nous aide?  Probablement que non.  Je vous invite à prendre une grande respiration…  inspirez…. expirez.  Maintenant  qui pourrait me dire ce qui arrive quand vous arrêtez de faire cela : qu’est-ce qui arrive quand vous arrêtez de respirer?

Donc, le Souffle, la respiration veut dire la vie.  Dites-le moi.  Dites : l’Esprit veut dire le souffle… le souffle veut dire la vie.  Est-ce que la vie de Dieu a une fin? Non. La vie de Dieu est éternelle, et toute personne qui possède le souffle de vie de Jésus ressuscité a la capacité de vivre pour toujours.  C’est par le sacrement de confirmation, que vous recevez aujourd’hui, que Jésus souffle en vous l’Esprit Saint, le souffle de la vie de Dieu.  Grâce à ça vous avez maintenant en vous le pouvoir de vivre pour toujours.  Esprit veut dire (souffle). Souffle veut dire (vie). La vie de Dieu est (éternelle). Quand j’ai la vie de Dieu en moi alors je vais vivre pour (toujours).

Maintenant  peut-être que nous  pouvons comprendre plus clairement le sens de l’Évangile qui nous dit que, le soir où Jésus est ressuscité des morts, il est apparu à  ses apôtres.  Saint Jean nous dit que même si les portes étaient verrouillées et barrées, Jésus est venu et s’est tenu parmi eux et a dit : « Paix à vous. Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. »  Après qu’il a dit cela, il a soufflé sur eux et leur a dit : « Recevez l’Esprit Saint. »  Pendant longtemps je n’ai pas compris vraiment pourquoi Jésus avait soufflé sur eux.  Maintenant je sais.

Jésus, ressuscité des morts, a soufflé sur eux son propre souffle de vie, son « esprit », et ils sont devenus vivants avec la vie de Dieu.  L’Esprit est? (souffle)  Le Souffle est? (vie)  La vie de Dieu est ? (éternelle)  Si j’ai la vie de Dieu en moi, alors je vais vivre pour ? (toujours).

Quand Jésus a fait ça, ce premier soir de Pâques, l’Église est née.  Parce que l’Église, c’est toutes ces personnes en qui Jésus ressuscité a soufflé sa propre vie de ressuscité. L’Église, c’est toutes ces personnes qui ont reçu de Dieu le don de la vie pour toujours, une vie qui ne finit pas dans la poussière de la mort.

C’est ce qui se continue dans l’Église depuis le premier dimanche soir de Pâques. C’est ce que Jésus fait aujourd’hui, ici, pour vous qui allez être confirmés.  Jésus souffle en vous la vie nouvelle de Dieu, l’Esprit Saint de Dieu. À présent vous savez ce que sera votre avenir,  et cet avenir est la vie pour toujours. Ça nous donne  une immense espérance pour vivre notre vie. Cela donne sens et but à notre vie. C’est la raison pour laquelle mes parents voulait que je sois baptisé, et c’est la raison pour laquelle je continue à être un catholique.

Quand mes parents se sont assurés que je sois baptisé dès le début de ma vie, c’est parce qu’ils étaient conscients que la vie éternelle vient seulement de Jésus.  Je voudrais vous lire un extrait de l’Évangile de Saint Jean qui parle d’un moment où un ami très proche de Jésus est tombé malade et est mort. Quand Jésus est arrivé au village où Lazare avait habité, Jésus a eu cette conversation avec Marthe, l’une des sœurs de Lazare.

(Jean 11) « Marthe dit à Jésus : ‘Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.  Mais même à présent je sais que Dieu t’accordera tout ce que tu lui demandes.’ Jésus lui dit : ‘Ton frère ressuscitera.’ Marthe lui dit : ‘ Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour.’  Jésus lui dit : ‘ Je suis la résurrection et la vie.  Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.  Crois-tu cela?’   Elle lui dit : ‘Oui, Seigneur, je crois que tu es le Messie, le Fils de Dieu…’ »

Vous remarquez que Jésus n’a pas dit : ‘Je vous donnerai la résurrection’, ou ‘Je vous apporterai la résurrection’, il a dit : ‘Je suis la résurrection ‘, ‘Je suis la vie’. Si tout humain sur cette terre vit au-delà du moment de sa mort et entre dans la vie éternelle, c’est grâce à Jésus et au pouvoir de sa résurrection sur la mort.

J’aimerais vous citer encore un extrait qui vient d’un sermon donné dans les années 180 (cent quatre-vingt), ce qui veut dire il y a environ 1800 (mille huit cents) ans :  j’aimerais avoir écrit cela moi-même.  Ça dit :

Le Seigneur, bine qu’étant Dieu, s’est fait homme.  Il a souffert pour ceux qui souffraient, il a été enchaîné pour ceux qui étaient captifs, il a été condamné pour ceux qui étaient coupables; il a été enterré pour ceux qui reposaient dans leur tombe; mais il est ressuscité d’entre les morts et s’est écrié d’une voix forte: Qui pourra me faire face? Qu’il se présente en face de moi. C’est moi qui ai libéré les condamnés; c’est moi qui ai ramené les morts à la vie; c’est moi qui ai ressuscité l’enseveli.  Qui a quelque chose à dire contre moi? C’est moi, dit-il, qui suis le Christ, qui ai détruit la mort, qui ai triomphé de l’adversaire, qui ai piétiné l’enfer sous mes pieds, qui ai ligoté l’ennemi puissant, et qui ai emporté les humains vers les hauteurs des cieux. C’est moi, dit-il, qui suis le Christ.

C’est lui, le Christ, qui est présent parmi nous aujourd’hui; il est celui qui nous appelle à devenir un avec lui à chaque souffle de vie que nous respirons; il est celui qui nous situe dans une union d’amour avec lui, une union qui durera toujours.

C’est pour cette raison que les gens veulent devenir chrétiens, qu’ils veulent devenir catholiques.  C’est la raison pour laquelle je suis catholique.  C’est cet avenir que je veux à la fin de ma vie.

C’est pourquoi les parents élèvent leurs enfants dans l’Église, de façon à ce qu’ils connaissent Jésus et deviennent un avec lui, et qu’ils vivent au-delà de la mort dans la plénitude de la vie, comme Jésus la vit et comme nous la vivrons.

Ces enfants deviennent un avec Jésus dans leur foi en lui.  Ils croient que Jésus est le Christ, tout comme nous le croyons aussi.  Ils deviennent un avec Jésus dans le sacrement de l’Eucharistie, parce que chaque fois qu’ils reçoivent la sainte communion, la vie de Dieu en eux se trouve nourrie par le pain du ciel, le corps et le sang du Christ ressuscité et ils deviennent toujours plus profondément le Corps du Christ.  En devenant un avec Jésus, ils vivront pour toujours, en tous, la plénitude de la vie.

Quel grand amour Dieu a pour nous! Que nous devrions être reconnaissants envers Dieu!  Que de choses merveilleuse Dieu a faites pour nous!  Nous pouvons prier les mots du psaume 18 (dix-huit),  en l’offrant comme une louange à Dieu notre Père, louange pour Jésus, Fils de Dieu,  louange  à  l’Esprit Saint qui déverse en nous le souffle de vie de Dieu :  « Je t’aime, mon Dieu, ma force, mon roc, mon abri, ma forteresse. » Amen.

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