Chers frères et sœurs,

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« N'ayez pas peur » et « réjouissez-vous » : ce sont les mots qui se répondent en écho pendant le temps de l'Avent et nous annoncent la fête de Noël. Le pape François nous dit dans Evangelii Gaudium  que "personne ne devrait jamais être exclu de la joie’ qui nous est donnée par notre Seigneur Jésus Christ. Nous aspirons tous au bonheur au cours de notre vie et, en tant que catholiques, nous cherchons surtout à trouver cette joie dans notre proximité avec Jésus-Christ lui-même.

Tous, au cœur de nos vies, nous luttons contre des forces très réelles qui tentent de créer chez nous de l’anxiété et parfois même de la peur. Elles font partie des ténèbres. Cependant, quelle que soit la puissance de ces forces, notre foi nous assure qu'elles ne peuvent jamais triompher en nous. Jésus, né à Noël, est la lumière qui dissipe les ténèbres. Durant l'Avent, Jean le Baptiste déclare être lui-même un témoin de la lumière. Jésus nous appelle, nous qui croyons en lui, à  être des témoins de la lumière et de la joie que notre foi nous apporte. C'est ce que nous appelons l'évangélisation : répandre autour de nous les merveilles que Dieu suscite dans nos vies.

Nos cœurs accueillent donc les mots que l'ange adresse aux bergers: « N'ayez pas peur ; car voici que je vous annonce une grande joie pour tout le peuple- il vous est né en ce jour un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur, dans la ville de David. » Nous ne devons jamais nous laisser envahir par toute forme d’obscurité qui pourrait nous empêcher de conserver la  joie que Christ notre Sauveur a mise dans nos cœurs.

Une partie très importante de l'histoire de la naissance de Jésus, Christ et Seigneur, est celle des bergers. Ce sont des hommes désinstallés, les humbles de la société. Ils ne sont ni les puissants, ni les riches, ni ceux qui sont sûrs d’eux-mêmes, ni de ces belles personnes. Ils sont ceux que pape François appellerait les gens en « périphérie ». Ils sont comme Marie qui, dans son « humilité », a été perçue « avec faveur » par Dieu. Ils étaient « les humbles » que Dieu éleva avec amour et tendresse. Nous pouvons facilement trouver notre place parmi eux, avec toutes nos insuffisances, nos échecs, nos faiblesses et nos péchés. Les bergers nous font comprendre que nous appartenons tous à cet événement merveilleux de Noël.

Entourés par la gloire du Seigneur, nous sommes, nous aussi, invités à cheminer à Bethléem dans nos cœurs et, au plus profond de nos âmes, à revoir « cet événement qui a eu lieu, que le Seigneur nous a fait connaître. » Tout comme les bergers, nous sommes appelés à « faire connaître ce qui leur avait été a raconté à propos de cet enfant.» Le pape François nous appelle à être des missionnaires auprès de ceux qui habitent dans les ténèbres et l'ombre de la mort, pour les évangéliser en apportant à tous la bonne nouvelle d'une grande joie. Ce qu'ont fait les humbles bergers, nous aussi nous pouvons le faire. Nous goûterons alors à la joie et à la paix.

Que mes meilleurs souhaits pour vous et pour ceux qui vous sont chers soient que, libérés de la peur, vous soyez comblés des dons de la joie et de la paix.

Sincèrement vôtre dans le Christ Sauveur et Seigneur, 

Daniel J. Bohan
Archevêque de Regina