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J’avais sept ans quand nous avons quitté la ferme pour aller nous installer dans la ville voisine, Gravelbourg, où notre vie religieuse s'est enrichie des traditions de la communauté francophone majoritaire dont j’ai aussi appris un grand nombre de merveilleux chants traditionnels de l’Avent et de Noël. En cette deuxième semaine de l'Avent, je vous propose quelques réflexions sur la saison, en me référant au merveilleux chant « Venez, Divin Messie ». En arrière-plan, vous entendez ce chant interprété par la chorale de la co-cathédrale de Gravelbourg , ce qui me rappelle de merveilleux souvenirs et m’apporte une grande joie.

Nous disons souvent que l'Avent est une saison d'attente, et en ce temps de pandémie, nous sommes vraiment dans une saison d'attente, en attente d'un vaccin pour nous protéger. L'Avent nous invite à une attente plus profonde, pour le renouvellement et la transformation de notre monde, pour la venue de Dieu dans nos vies. Cependant, durant l’Avent, nous ne sommes pas conviées à une attente passive, mais plutôt à une préparation active. Dans la deuxième lecture de la deuxième lettre de Pierre de dimanche, il est dit que Dieu ne tarde pas à tenir sa promesse de renouveler la face du monde, mais qu'avec le Seigneur un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour. Cette période d'attente est censée être un temps de transformation. Jean-Baptiste crie dans le désert : « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissée. » Ici, dans les plates prairies de la Saskatchewan, nous sommes bien partis, du moins du point de vue du paysage ! C'est le reste de notre vie qui a besoin d'être transformé.

Le chant « Venez Divin Messie » nous apprend que notre attente de l'Avent nous invite à reconnaître à quel point nous avons besoin de Dieu. Notre monde est en désarroi. Le don de la paix, le monde la dédaigne. Partout les cœurs sont divisés. Ces mots du chant résonnent comme s'ils avaient été écrits pour nous en cette période de pandémie, et de façon générale, en cette période de polarisation, de divisions profondes de notre société. Nous le savons par le chaos et les blessures de nos vies, et nous le savons par la fragilité de notre monde. Nous avons besoin de l'aide de Dieu, et en cette période de l'Avent, nous sommes appelés à être attentif à ce besoin. Et c'est ainsi que nous appelons : Ô Fils de Dieu, ne tardez pas ; par votre corps, donnez la joie. Redites-nous encore de quel amour vous nous aimez. Venez, venez, venez !

L'Avent est aussi un moment où nous entendons ce que Dieu désire faire pour nous. Nous entendons les lectures des prophètes : que les gens qui ont marché dans les ténèbres verront une grande lumière ; que Dieu prépare un riche banquet, où toutes nos larmes seront essuyées et où la mort ne sera plus ; que le loup vivra avec l'agneau, le veau et le lion se coucheront ensemble. Nous entendons dire que Dieu transforme nos épées en socs de charrue, et que les nations ne lèveront pas l'épée contre une nation. Ce sont là les rêves de Dieu pour nous. Et peut être il est difficile pour nous d'y croire et de nous y fier. L'Avent est comme une charrue qui laboure les sillons de nos cœurs, pour défaire nos doutes et briser le cynisme ou le désespoir qui peuvent croître en nous, et planter les graines de l'espoir. Nous entendons le rêve de Dieu dans Venez Divin Messie : Dissipe en nous la nuit, la peur ! Que votre main nous prenne, que meure enfin la haine. Lorsque la vie est pleine de difficultés et de défis, c'est un acte de courage extraordinaire que de continuer à rêver le rêve de Dieu, de continuer à espérer et de porter en nous une joie profonde.

Une dernière réflexion, et un dernier thème dans les lectures de ce dimanche. Isaïe et Jean-Baptiste parlent tous deux du chemin de notre Dieu. Dans le désert, prépare le chemin. Il y a quelques années, j'ai eu l'occasion de parcourir le camino en Espagne, un périple de 800 kilomètres de Saint-Jean Pied-de-Port en France à Saint-Jacques de Compostelle. Le camino signifie littéralement « le chemin ». Sur la route de Saint-Jacques, le chemin est balisé de flèches jaunes. Il faut rester vigilant, sinon on se perd rapidement. Chaque flèche jaune exprime tranquillement le message que nous entendons de la part d'Isaïe, qui nous exhorte : « Voici le chemin, suivez-le! ». Pendant l'Avent, nous sommes encouragés à suivre le bon chemin, à préparer la voie du Seigneur. Mais voici le cœur du message de cette saison. Notre Dieu vient en marchant vers nous. C’est le bon pasteur qui vient à nous sur ce chemin. Dans le Talmud juif, on trouve l’histoire d’un roi qui avait un fils qui s'était écarter du droit chemin. Le roi a envoyé un message au fils : « Revient vers ton père ». Le fils a répondu : « Je ne peux pas ». Le roi a envoyé un autre message : « Viens aussi loin que tu le peux et je viendrai à ta rencontre ». Notre Dieu ne vient pas à nous parce que nous sommes bons, ou saints, ou méritants, ou prêts. Mais par amour. Venez, divin Messie, nous rendre espoir et nous sauver ! Vous êtes notre vie ! Venez, venez, venez!

 

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