
Bonjour à toutes et à tous.
Mes salutations de notre nouveau centre pastoral temporaire.
Quand j’avais sept ans, ma famille a quitté sa ferme pour s’établir à Gravelbourg. Bien sûr, notre église de campagne, et sa petite communauté, formées en grande partie par des fermiers d’origine allemande, nous manquaient. Par contre, en nous joignant a la paroisse de Gravelbourg, nous avons eu la grande bénédiction, entre autres, d’avoir accès à la beauté et la richesse des hymnes et des chants de Noël en français et des traditions culturelles qui jouaient un grand rôle dans la vie de la communauté. C’était particulièrement le cas dans le temps de Noël.
Les cantiques de Noël ont une telle façon d’envelopper nos esprits du mystère de l’Incarnation en déployant, dans des images simples, l’événement extraordinaire de Dieu, créateur de toutes choses, qui a choisi de prendre chair comme un de nous. Ces cantiques soulignent souvent le contraste entre l’autorité ou le pouvoir salvateur de Dieu et l’humilité de la nature, de l’environnement et des circonstances de sa naissance. Le cœur de la nativité est si magnifiquement exprimé dans des chants tels que « Dans une étable obscure ».
Dans une étable obscure,
Sous le ciel étoilé
Et d’une Vierge pure,
Un doux Sauveur est né.
Le Seigneur Jésus-Christ
Est né dans une crèche,
Quand a sonné minuit.
Le cantique nous invite ensuite à entrer dans l’étable, comme le fait l’Incarnation. Nous sommes intégrés à l’histoire et nous sommes invités, de manière intime, à tenir l’enfant Jésus dans nos bras.
Tandis que les Rois mages,
Tandis que les bergers
Lui portent leurs hommages,
Portons-Lui nos baisers.
Le Seigneur Jésus-Christ
Saura bien nous sourire,
En cette heureuse nuit.
Le poète Gerard Manley Hopkins utilise une expression touchante pour parler de l’Incarnation. Il parle de « l’infinité de Dieu réduite à l’enfance », que Marie accueille « dans le ventre et le sein, la naissance, le lait et tout le reste ». L’infinité réduite à l’enfance, c’est ce dont parlent les Évangiles lorsqu’ils nous parlent du Verbe incarné « emmailloté et couché dans une mangeoire ». (Luc 2, 12).
C’est ce même mystère que proclame, dans un élan de joie, le cantique « Il est né le divin enfant ».
Une étable est son logement
Un peu de paille est sa couchette
Une étable est son logement
Pour un Dieu quel abaissement
Ô Jésus, ô Roi tout puissant
Tout petit enfant que vous êtes
Ô Jésus, ô Roi tout puissant
Régnez sur nous entièrement
C’est ce que nous célébrons à Noël. Un Créateur qui choisit la voie la plus extraordinaire pour révéler un amour sans limites à sa création. Lors de sa récente visite au Kazakhstan, le pape François a rappelé à ses auditeurs la « réponse de Dieu à la propagation du mal dans le monde : il nous a donné Jésus, qui s’est rapproché de nous d’une manière que nous n’aurions jamais pu imaginer ».
En cette période de Noël, nous sommes invités à nous immerser dans la joie et la vie qui découlent de l’approche de Dieu, de la manière dont Dieu s’est approché de nous. Nous sommes également invités à nous intégrer à l’histoire. Lorsque Dieu prend chair humaine, Dieu entre chez nous. Le message de l’Incarnation, c’est que le point d’entrée de Dieu dans le monde ne réside pas dans l’exercice du pouvoir, même si on l’y trouve aussi, mais dans la Création : il est présent à la Résurrection, il est présent à la Pentecôte ; mais plus fondamentalement, le point d’entrée de Dieu se révèle dans la manière dont il a choisi de venir parmi nous dans la chair, dans la manière dont il a vécu, dans la manière dont il est mort.
Et bien sûr, le défi qui accompagne tout cela est exprimé de manière concise par Jésus quand il dit à ses disciples, et à nous, « allez et faites de même ». Lors de sa visite au Canada, le pape François a déclaré : « On ne peut annoncer Dieu d’une manière contraire à Dieu. Et pourtant, combien de fois cela s’est-il produit dans l’histoire ! Alors que Dieu se propose simplement et humblement, nous avons toujours la tentation de l’imposer et de nous imposer en son nom. C’est la tentation mondaine de le faire descendre de la croix pour le manifester par la puissance et l’apparence. (…) Frères et sœurs, au nom de Jésus, il ne faut plus agir ainsi dans l’Église. »
En ce Noël, laissons la tendresse et la miséricorde de Dieu adoucir nos cœurs, toucher nos âmes, afin que nous osions marcher un peu plus comme Jésus a marché, et entrer dans la vie des autres comme il est entré dans la nôtre. Dans l’humilité, dans la vulnérabilité, en exerçant notre autorité en nous mettant au service des autres, en honorant la dignité de chaque personne que nous rencontrons, en sachant combien chacun de nous est profondément aimé de Dieu. Car Dieu a fait de nous sa maison, il marche avec nous dans la complexité et la turbulence de nos vies. Le Christ est né, le Christ habite avec nous. « En lui viens reconnaître, ton Dieu, ton Sauveur. »
Joyeux Noël!
Christmas Message – 2022 – English
Christmas Message – French

