TRC Oct 3, 2021

28 septembre 2021

Réflexions sur Marcher ensemble sur la route vers des relations sincères

Chères frères et sœurs dans le Christ,

Au cours des dernier jours, les évêques catholiques du Canada ont cherché à faire quelques pas sur le long chemin vers des relations sincères avec les peuples autochtones de ce territoire . Bien que de nombreuses excuses antérieures aient été présentées, elles n’avaient pas été présentées collectivement au nom de tous les évêques catholiques du Canada, et pour de nombreux survivants  et survivantes des pensionnats, elles n’étaient pas considérées comme très utiles. Les excuses sans équivoque des évêques à la fin de septembre étaient accompagnées d’un engagement renouvelé à aider à la documentation dans la mesure du possible; travailler avec le Saint-Siège et les partenaires autochtones sur une éventuelle visite du pape François au Canada; et un engagement financier collectif national de 30 millions de dollars sur 5 ans a été annoncée, « pour soutenir les initiatives de guérison et de réconciliation pour les survivants et les survivantes des pensionnats, leurs familles et leurs communautés. »

Le rapport final sur la vérité et la réconciliation, et de nombreux peuples autochtones, ont noté que les excuses sont un point de départ et non la destinée, et qu’elles doivent être suivies d’un engagement réel. Lorsqu’une relation est mal au point et que nous cherchons à réparer cette  relation, cela prend du temps et de nombreuses démarches. Les erreurs  doivent être reconnus ; des excuses doivent être offertes ; une écoute profonde de ceux et celles qui ont été blessés est nécessaire ; une volonté de changer, de faire amendes honorables ; et enfin, de marcher avec l’autre en solidarité sur le chemin de la recherche de la justice au niveau sociétal, être un allié dans la recherche de relations sincères. Cela ne devrait pas surprendre ni blesser les membres de l’église lorsque nous entendons des Autochtones et d’autres dire « voir c’est croire ». J’ai appris un dicton il y a quelque temps : si vous voulez savoir si des excuses sont réelles, portez attention aux pieds. Nous savons et apprécions que les gens surveilleront nos pieds pour voir si nous sommes en mesure de respecter les engagements que nous prenons.

Ici, dans l’archidiocèse de Regina, nous sommes impatients de poursuivre et de développer davantage le travail que nous avons déjà commencé dans notre diocèse en cherchant à  valoriser des relations de guérison, d’écoute et d’éducation avec les Premières Nations et les peuples métis,  mais en particulier avec les survivants. Je réitère notre engagement à prendre des mesures en étroite consultation avec les Aîné(e)s autochtones, les survivants et les survivantes du système des pensionnats. Nous avons entendu et sommes en accord avec le message « rien à propos de nous sans nous ».

Depuis l’annonce d’une campagne provinciale de Vérité et de Réconciliation catholique en juillet, il y a eu plusieurs occasions de rencontrer des survivants et des survivantes et des aînés, d’écouter leurs besoins et leurs espoirs, et de demander à quoi ressembleraient la solidarité et le soutien de leur point de vue. Nous avons entendu une forte demande de soutien financier d’initiatives qui répondent directement aux besoins des survivants et des survivantes et qui priorisent leurs préoccupations et leurs besoins. Nous avons entendu le désir d’établir des relations et de faire appel à l’aide de chefs spirituels autochtones pour faciliter une voie à suivre avec les diverses communautés des Premières Nations dans les limites de l’archidiocèse. Nous avons entendu le besoin d’une initiative dans la ville de Regina qui serait guidée par les survivants et les survivantes et présenterait des étapes pratiques qui apporteraient la guérison aux survivants et survivantes et une assistance pour les traumatismes intergénérationnels vécus par de nombreuses personnes à la suite du système des pensionnats. Nous avons entendu la demande d’aide aux travaux liés aux cimetières des pensionnats dans notre région qui ont été opéré par des catholiques. Et nous avons entendu l’importance d’éduquer et d’impliquer les gens de nos paroisses catholiques, en particulier ceux et celles qui sont proches des communautés des Premières Nations, afin qu’ils puissent eux aussi jouer un rôle dans la reconstruction des relations et devenir des alliés dans la poursuite d’une meilleure manière de vivre ensemble, qui est respectueuse et plus juste.

Nous avons également été encouragés à nous appuyer sur l’Appel à l’action 61 comme guide pour l’avenir et son appel au soutien des projets de guérison et de réconciliation contrôlés par la communauté ; initiatives de revitalisation de la culture et de la langue; projets d’éducation et d’établissement de relations; et des dialogues régionaux pour les chefs spirituels autochtones et les jeunes pour discuter de la spiritualité autochtone, de l’autodétermination et de la réconciliation. C’est un guide utile pour ce que nous avons entendu. En tant qu’église, nous ne voulons pas répéter les erreurs du passé en cultivant subtilement une mentalité coloniale selon laquelle nous avons les idées principales et les solutions sur ce chemin de guérison et de réconciliation. Nous nous engageons à continuer à écouter et à marcher ensemble, avec les conseils critiques des survivants et des survivantes, des aînés et des chefs spirituels autochtones. Il s’agit d’un processus plus long, mais nous pensons que c’est aussi une façon de nouer des relations en cours de route.

Certaines des conversations au cours des mois d’été portaient sur la façon dont nous, en tant que diocèse, allions nous engager financièrement dans le travail de guérison et de réconciliation, et nous avons proposé plusieurs démarches. Il s’agit notamment de suspendre certains aspects de notre campagne pour la rénovation de notre cathédrale et la relocalisation de notre centre pastoral, et de faire appel à notre équipe de campagne pour aider à la réponse de guérison et de réconciliation; puiser dans les fonds affectés à des travaux liés à la justice ; y compris une carte de don spéciale avec notre matériel d’appel annuel qui vient d’être envoyé ; prendre une collection spéciale quelque temps avant la fin de l’année; et soutenir l’appel provincial électronique pour la réponse de guérison et de réconciliation. De ces manières et d’autres, nous encouragerons nos paroisses, nos paroissiens et nos paroissiennes à faire leur part en s’engageant dans ce travail de restauration de relations sincères.

Comme l’ont noté de nombreuses personnes, il n’y a pas une seule façon d’éliminer le fardeau porté par les survivants et les survivantes des pensionnats et plus largement par les communautés autochtones, mais nous espérons que les démarches proposées nous aideront à faire du progrès. Et nous continuerons le travail qui se poursuit de diverses manières depuis de nombreuses années. Cela inclut maintenant le travail d’un Conseil archidiocésain pour la vérité et la réconciliation, qui a commencé il y a quatre ans, et de faire tout notre possible pour fournir la documentation sur les pensionnats demandée par les survivants et les survivantes, ou qui peut être utile dans le travail lié aux tombes anonymes.

Nous avons juste célébré la Journée nationale pour la vérité et la réconciliation, mais nous sommes conscients que ce n’est pas le travail d’un jour. Nous devons nous lancer dans une ère de réconciliation qui nous demandera beaucoup, mais qui nous permettra de faire des pas importants sur le chemin de la justice, de la guérison, et de vivre ensemble comme il faut, en meilleurs relations les uns avec les autres et sur ce territoire où nous avons la chance de vivre.

Que le Créateur soit notre guide. Paix à vous tous.

+ Donald Bolen

Archevêque de Regina

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